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Moins de plomb dans l'eau Des travaux publics et surtout privés

Moins de plomb dans l'eau Des travaux publics et surtout privés

Le décret du 20 décembre 2001 prévoit que la teneur limite en plomb dans les eaux destinées à la consommation humaine passera de 50 µg/l. aujourd’hui à 25 µg/l le 25 décembre 2003, puis 10 µg/l le 25 décembre 2013.

Cette révision de la norme plomb a été adoptée pour que l’eau consommée participe à l’effort global de diminution des apports potentiels (1) et contribue ainsi à protéger les catégories de population les plus "vulnérables" : les jeunes enfants et des femmes enceintes. Il s'agit là d'une nouvelle illustration du "principe de précaution" : même si les teneurs limites admises aujourd'hui dans l'eau (50 µg/l) sont suffisantes pour protéger la santé (c'est d'ailleurs pourquoi une période transitoire de dix ans peut être envisagée), on souhaite aller encore plus loin dans la sévérité de la norme pour augmenter la marge de sécurité sur la santé à long terme.

Le plomb est quasiment inexistant dans les eaux naturelles, il n'y en a pas non plus dans l'eau à la sortie des usines de traitement de l'eau potable et il est absent des canalisations du réseau public de distribution. Il provient avant tout de la corrosion du matériau des tuyaux de distribution de l'eau, essentiellement dans les installations intérieures. Les canalisations du réseau public ne sont pas en plomb, mais une partie des raccordements aux habitations (les "branchements"), et surtout les réseaux intérieurs des immeubles et des logements, en contiennent encore.

Si, depuis 1995, la pose de canalisation en plomb ou de tout élément en plomb dans les installations intérieures de distribution d’eau destinée à la consommation humaine est interdite, la division par 5 du taux maximal de plomb dans l’eau du robinet ne va pas s’effectuer sans investissements très importants, non seulement au niveau des installations publiques (traitements supplémentaires, réhabilitation des branchements, etc.), mais surtout dans les installations intérieures des habitations. On estime ainsi à environ 15 milliards d’euros, sur 15 ans, le coût pour les Français de cette mise aux normes, dont 12 milliards pour les seules installations privées, à la charge des propriétaires.

De fait, si les experts s’accordent à penser que l’exigence intermédiaire de 25 µg/l en 2003 peut être satisfaite grâce à des traitements complémentaires de l’eau distribuée (pH, mise à l’équilibre calcocarbonique), il est généralement admis que le respect des 10 µg/l. ne pourra être assuré sans avoir recours au remplacement du plomb des canalisations intérieures des immeubles.

(1) En effet, l’exposition au plomb provient d’autres sources, par exemple des peintures anciennes

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